Depuis quelques mois, le WAX s’insert dans le paysage vestimentaire français. Plus qu’un tissu africain importé par des petits marchands ou des grandes usines, il apparaît comme un témoignage du mélange culturel. Une mixité que notre label prône depuis le début. C’est donc tout naturellement que l’on a conçu ce modèle. C’est d’abord une allusion directe au continent africain dont sont originaires plusieurs de nos proches. Il symbolise aussi à nos yeux une certaine réussite culturelle. Alors que beaucoup pointent du doigt un soi-disant communautarisme, ce type de vêtement porté par des personnes de tout horizon rappelle que l’intégration culturelle peut aussi se faire par le port d’un habit. L’ouverture culturelle n’est pas forcément consciente dans un premier temps. Elle peut être d’abord esthétique, liée à l’art ou à la mode.

Passé le cap du coup de coeur « esthétique » ou « vestimentaire », il est alors bon de savoir que si le WAX symbolise aujourd’hui l’Afrique dans notre imaginaire collectif, ses origines sont pourtant plus complexes. Il provient d’Indonésie. A cette époque, la colonisation hollandaise et britannique gagnait de nombreux territoires. Le batik correspond à la technique traditionnelle de fabrication indonésienne. Au XIXe siècle, séduits par ce commerce porteur, les Hollandais font rapidement main-mise sur ce domaine et l’implantent progressivement dans leur colonie ghanéenne entre autre. Aujourd’hui, si les pays africains comme le Ghana, le Niger, la Côte-d’Ivoire s’affirment comme de grands producteurs de WAX, le principal producteur reste les Pays-Bas. Le souvenir colonial se transmet donc par le vêtement.  Savoir d’où l’on vient pour savoir où on va.

Notre modèle WAX participe donc à cet héritage multiple : un héritage plus ancien et colonial, et un héritage plus récent répondant principalement à la mondialisation. Si la chaleur des couleurs du WAX est son premier atout de séduction auprès des Français, il semble important selon nous de savoir à quelles histoires font écho ce tissu.